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Sébastien
Joly reprend en Bretagne
Pendant
que le cyclisme vit une nouvelle période très difficile,
un jeune sportif que toute une région suit depuis ses premiers
succès en minimes, prend patience afin de pouvoir reprendre
sa place dans le peloton. Comme les vrais passionnés de sport
cycliste, il souhaite ardemment que soit éradiqué
ce fléau du dopage qui touche tous les sports de haut niveau
mais il se trouve que c’est son sport qui fait la une des
journaux. Même si c’est souvent difficile à vivre,
chacun espère que ceux qui ont le pouvoir de décision,
prendront enfin les mesures qui s’imposent.
Plus
de courses depuis le Tour du Quatar
Dans sa bonne ville de Saint-Vallier, Sébatien Joly se prépare
à rejoindre Lannilis, en Bretagne, pour prendre le départ
du Tro Bro Léon, ce dimanche 25 avril, une épreuve
que l’on a comparée à Paris-Roubaix tant les
routes empruntées sont difficiles et ressemblent souvent
à des chemins. Pour Sébastien, cela n’a pas
beaucoup d’importance. Le plus important, pour lui, est d’accrocher
enfin un dossard à son maillot, ce qu’il n’a
plus fait depuis le Tour du Quatar, au début du mois de février…
mais, laissons-le faire le point, avant de lui poser quelques questions :
« Maintenant, j’effectue des sorties normales car
je ne sens plus de douleur à mon genou droit. Il me reste
juste une gêne que des séances de kinésithérapie,
selon la méthode Mézières, tentent de faire
disparaître. »
Le Réveil :
Comment la suite de la saison va-t-elle se dérouler ?
Sébastien Joly : Tout se fera en fonction
de ma condition physique. Je n’envisage pour l’instant
que des courses d’un jour sans tirer de plans sur la comète.
L’essentiel, pour moi, est de reprendre ma place dans le peloton.
Je ferai le point dans un mois.
Le Réveil :
Pendant cette période difficile pour le cyclisme, comment
un jeune professionnel comme vous réagit-il ?
S.J. : J’étais blessé,
en train de soigner mon genou douloureux et le cyclisme en prenait
plein la tête… Ça n’était pas facile
tous les jours en étant chez moi. Je sais qu’on ne
va pas en sortir du jour au lendemain et je suis tout de même
un peu pessimiste. Les solutions envisagées vont dans le
bons sens mais il faudrait que ce soit opérationnel tout
de suite car le doute est mis dans l’esprit des plus passionnés.
Le Réveil :
Que pensez-vous des premières dispositions devant être
prises ?
S.J. : Je suis pour les contrôles inopinés
au domicile des sportifs de haut niveau et je veux bien que l’on
commence par les cyclistes. C’est peut-être une atteinte
à notre intimité mais s’il faut en passer par
là, je suis d’accord. La situation est trop grave.
Il faut que chacun donne son planning et se plie aux contraintes
qui s’imposent pour sauver le cyclisme.
Le Réveil :
Comment cela se passe-t-il avec Christophe Édaleine ?
(L’arrêt volontaire de sa formation est provisoire mais
le prive de toute compétition. NDLR)
S.J. : Alors que c’était lui
qui me soutenait pour que je sorte d’une période difficile,
c’est moi, maintenant qui lui remonte le moral. Nous roulons
ensemble bien sûr et nous parlons beaucoup. Ça nous
fait beaucoup de bien. Personnellement, je trouve que certaines
réactions d’anciens champions qui se désolidarisent
du sport qui a fait leur gloire, ne sont pas acceptables. Enfin,
il ne faudrait pas que la France soit seule à appliquer des
mesures aussi contraignantes mais que cela soit appliqué
à tous.
Une certaine impatience
Personne ne sait aujourd’hui ce qui va se passer dans les
semaines et les mois à venir. Les mesures envisagées
seront-elles décidées et surtout appliquées
rapidement ? Il y a tant de questions en suspens que, comme
le confie Sébastien Joly, le pessimisme finit par prévaloir.
Les fédérations sportives qui gèrent le haut
niveau au plan national comme international ont de lourdes responsabilités
dans la situation que nous connaissons aujourd’hui. Quand
quelqu’un dérange par ses idées, comme le disait
la semaine dernière Pierre Rivory à notre journal,
on fait tout pour le marginaliser en protégeant les intérêts
des gens en place. Alors, à nouveau, espérons que
des solutions efficaces soient trouvées pour qu’un
p’tit gars de Saint-Vallier ou d’Annonay puisse retrouver
sourire et fierté de pratiquer au plus haut niveau un sport
difficile mais qui fait tant rêver dès qu’un
rayon de soleil illumine le ciel…
Jean-Paul
Degache
Le Réveil du Vivarais (23/04/2004)
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