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Tour de France
Sébastien Joly : joie et souffrance

Quel contraste entre cette journée du lundi 5 juillet où tout semblait sourire à la formation du Saint-Valliérois Sébastien Joly, dirigée par Roger Legeay, et celle du lendemain, le mardi 6 juillet !
C’est la dure loi du Tour diront certains… mais cela donne quand même des conditions d’apprentissage très difficiles quand on est néophyte et plus jeune coureur de son équipe. Après un bon prologue à Liège où Sébastien se classe 90ème à 32 s de Fabian Cancellara, le vainqueur, il rencontre une première fois la pluie, le dimanche 4 juillet entre Liège et Charleroi. Décroché en fin d’étape, il finit en 184ème position à 47 s de Jan Kirsipuu, le vainqueur. Lundi est un jour de gloire pour son équipe, entre Charleroi et Namur. Sébastien accomplit un travail de titan en tête du peloton pour son leader Thor Ushovd qui vise le maillot jaune grâce à ses bonnes qualités de sprinter. Notre jeune Saint-Valliérois a été vu de bonnes minutes à l’écran durant le direct de la télévision, réglant l’allure avec beaucoup d’application. Lorsqu’un incident mécanique oblige son leader à s’arrêter, Sébastien Joly est le premier à attendre et à tout donner pour le ramener dans le peloton. Il paye ensuite la note en se retrouvant seul à chasser derrière pour couper la ligne d’arrivée en 170ème position. Par contre, la récompense est belle avec la seconde place à l’étape et surtout le fameux maillot jaune pour Thor Ushovd. C’était la joie dans l’équipe Crédit Agricole.
Hélas, le décor change complètement le lendemain entre Waterloo et Wasquehal. Alors que le premier secteur pavé approche, une chute se produit au milieu du peloton, Sébastien doit donner sa roue à Hushovd qui repart avec Christophe Moreau, ses deux leaders étaint aussi bloqués et retardés avec l’Espagnol Iban Mayo. La bataille étant déclenchée, ils sont piégés et doivent laisser beaucoup de forces dans une chasse qui est vaine. Sébastien, vidé de ses forces, passe la ligne d’arrivée en 184ème position, avec une quinzaine de minutes de retard sur le Français Jean-Patrick Nazon, magnifique vainqueur de cette étape, au sprint.
Ce mercredi 7 juillet, dans un contre la montre par équipes long de 64,5 km, l’équipe Crédit Agricole a la chance de partir en début d’après-midi, échappant à la pluie violente qui contrecarre les autres formations. Cela redonne un peu de baume au cœur à tous, Sébastien finissant décroché comme son coéquipier Néo-Zélandais, Julian Dean.

« Jamais je n’ai vu autant de monde sur une course ! »

Au téléphone, mercredi soir, après le chrono par équipes, nous avons pu faire le point :

Le Réveil : « Comment vas-tu après ce début de Tour ?
Sébastien Joly : Ça va aller mais depuis le prologue, j’alterne les bons et les mauvais jours. Malgré tout, je suis optimiste. Il faut seulement que je récupère.

Le Réveil : Qu’est-ce qui t’a le plus étonné dans ce premier Tour de France ?
S. J. : C’est le public. Jamais je n’ai vu autant de monde sur une course ! C’est d’ailleurs un problème pour un débutant car il faut prendre cette course comme une autre, relativiser, rester concentré et ne pas se laisser distraire par tout ce qu’il y a autour…

Le Réveil : Comment envisages-tu la suite ?
S.J. : Je dois me battre encore plus en me disant qu’il y aura des jours meilleurs… comme des jours difficiles. C’est le Tour et il reste encore deux semaines et demie.

Le Réveil : Ce maillot jaune, l’avez-vous fêté ?
S.J. : Bien sûr et je m’en rappellerai… même si le lendemain a été difficile.

Le Réveil : Tes leaders sont-ils démoralisés ?
S.J. : Non, pour nous tous, c’est oublié. Nous sommes repartis car il peut encore se passer beaucoup de choses.

Le Réveil : Qui est ton compagnon de chambre ?
S.J. : C’est Sébastien Hinault et nous nous entendons très bien. »
Le Tour est encore long et le cap de la première semaine est toujours difficile à passer surtout lorsque l’on doit assurer un dur travail d’équipier entièrement dévoué à ses leaders. Souhaitons à Sébastien de tenir jusqu’au lundi 12 juillet, le premier jour de repos de ce Tour… avant d’aborder les difficiles étapes du Massif Central.

Jean-Paul Degache
Le Réveil de Vivarais (09/07/2004)

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