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Tour de France
Sébastien Joly ou le travail ingrat du bon équipier

Depuis le 8 juillet, Sébastien Joly continue son bonhomme de chemin sur son premier Tour de France. Au sein de son équipe Crédit Agricole, son rôle est essentiellement celui d’un bon équipier pour le champion de Norvège, Thor (prononcez Tour) Hushovd. Il faut dire que ce dernier n’est pas un ingrat puisqu’il a déjà gratifié son équipe d’un maillot jaune et d’une victoire d’étape, le 11 juillet, à Quimper.
D’Amiens à Chartres, cette journée a été marquée par les bordures… et les chutes mais Sébastien est rentré sans trop de dommages avec le peloton réglé pour la sixième place par Robbie Mac Ewen alors que le Français Thomas Voeckler, un coureur né la même année que notre Saint-Valliérois, endossait le maillot jaune. Le 9 juillet, de Bonneval à Angers, il passait la ligne avec 1 mn 30 s de retard sur le vainqueur, Tom Boonen, et restait dans les profondeurs du classement général. De Châteaubriand à Saint-Brieuc, pendant que l’Italien Filippo Pozzato s’imposait, Sébastien Joly était à la peine en terminant à plus de treize minutes, dans un groupe de six coureurs. Ensuite, de Lamballe à Quimper, il résistait mieux dans les côtes bretonnes après avoir accompli son travail d’équipier pour Thor Hushovd, le vainqueur, arrivant avec 1 mn 43 s de retard. Il pouvait pousser alors un gros ouf de soulagement car le lendemain était jour de repos à Limoges.
Après onze jours de course au plus haut niveau, Sébastien était toujours de l’aventure alors que près d’une vingtaine de coureurs ont déjà dû rentrer à la maison. Sa dernière place au classement général n’avait donc rien d’infamant surtout après la tâche importante d’équipier accomplie au jour le jour avec beaucoup d’abnégation. Heureusement, aujourd’hui, la télévision qui montre beaucoup plus longtemps la course, permet de mettre en lumière ce travail obscur. Le 14 juillet, encore, sur les routes très exigeantes du Cantal, Sébastien a fait sa part de travail, attendant même son leader dans la difficile côte de Chalvignac : « C’était très dur hier (mercredi 14 juillet, ndlr). J’étais vraiment bien au début puis, après 170 km, ça m’a lâché et je n’ai même pas pu suivre le grupetto… Après l’arrivée à Saint-Flour, j’ai eu du mal à récupérer, j’étais fiévreux et mes bronches sont prises. Je suis obligé de prendre des antibiotiques pour me soigner. Les responsables de mon équipe ont d’ailleurs compris et vont me laisser tranquille parce que, jusque là, j’ai accompli ma part de travail sans jamais rechigner. Il faut absolument que je passe l’étape de ce jeudi pour arriver à La Mongie vendredi. Je dois me refaire une santé pour pouvoir rester dans le grupetto samedi, entre Lannemezan et le plateau de Beille, la grande étape de montagne. Ce qui m’arrive est normal sur un grand tour de trois semaines, passant du mieux au moins bien mais je garde le moral pour arriver à Valréas et être de l’étape de Villard-de-Lans mardi 20 juillet puis du contre la montre de l’Alpe d’Huez le lendemain où je sais que mes supporters m’attendent. »

Jean-Paul Degache
Le Réveil de Vivarais (16/07/2004)

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