| |
Tour
de France
Passer les Alpes
Au
moment où ces lignes paraîtront, la terrible étape
alpestre menant les coureurs de Bourg-d’Oisans au Grand-Bornand
par les cols du Glandon, de la Madeleine, de Tamié, de la
Forclaz et de la Croix-Fry (204,5 km) sera passée et nous
saurons si le Saint-Valliérois, Sébastien Joly, peut
rallier Paris, pour son premier Tour de France.
Au cours de la semaine qui vient de s’écouler, notre
jeune Drômois, enfin ménagé par son équipe,
s’applique à terminer ses étapes et y parvient
bien malgré les difficultés qui s’accumulent
et la fatigue grandissante. Sa dernière place au classement
général est purement anecdotique puisqu’il est
passé de la 167ème place, le jeudi 15 juillet, à
la 157ème à l’arrivée à Villard-de-Lans.
Beaucoup de coureurs, et non des moindres, sont déjà
rentrés à la maison… Sébastien Joly,
comme son compagnon d’entraînement, Christophe Édaleine,
s’accroche et termine toutes ses étapes au courage.
Ils ont d’ailleurs la bonne idée de prendre les roues
de l’autobus, le fameux grupetto, où figure le maillot
vert, Robbie Mac Ewen. Pour y parvenir, ce n’est pas toujours
facile, comme dans l’étape du Vercors où Sébastien
et Christophe ont dû batailler ferme pour remonter jusqu’à
ce peloton qui permet de rentrer dans les délais.
Dans le fabuleux chrono de l’Alpe d’Huez, Sébastien
Joly a eu le redoutable honneur, lanterne rouge oblige, d’ouvrir
les débats en fendant la foule le premier : « J’en
avais des frissons dans les jambes… »,
déclarait-il après l’arrivée. Il se sortait
bien de cette difficile épreuve en réalisant le 111ème
temps, à 7 mn 26 s du « boss », devançant
son copain Christophe Édaleine de 22 s, alors que deux coureurs,
Bramati et Vierhouten, étaient hors-délai. Ce bon
résultat prouve que notre Saint-Valliérois conserve
des forces : « Ça va, j’ai un gros
moral pour finir mon premier Tour de France, » nous
confiait-il ce jeudi matin avant le départ de Bourg-d’Oisans.
"Le
Tour c'est JOLY !"
Grosse
ambiance au col des Limouches
C’est environ à deux kilomètres du sommet du
col des Limouches que les plus chauds supporters de Sébastien
Joly avaient donné rendez-vous ce mardi 20 juillet pour fêter
le passage d’un coureur qui, il y a un mois à peine,
ne devait pas participer à la plus grande course du monde.
Autour du Président, Jean-Claude Laffont, Sarras-Saint-Vallier
Cyclisme avait investi un virage, de très bonne heure le
matin. Tous les jeunes coureurs du club étaient là
avec la famille de Sébastien et en particulier sa maman,
Martine Montagu. L’AL Cyclo Sarras-Ozon-pays de Saint-Vallier
était aussi de la fête. Dans une joyeuse ambiance,
René Margnat et ses fils avaient aménagé le
site avant que Guy et Grégory Bonnet ne fassent une remarquable
démonstration de décoration de l’asphalte. Avec
eux, tout le monde était d’accord pour dire :
« Le Tour c’est
JOLY ! »
Sous un soleil inespéré en début de journée,
la température montait, les cœurs se rôdaient
et la caravane publicitaire amenait son lot de surprises et de cadeaux.
Chacun espérait secrètement voir son favori se détacher
sur des pentes qu’il connaît par cœur mais la bataille
s’était encore une fois déclenchée très
tôt et une échappée de quatorze coureurs avait
pris le large. Finalement, le premier à passer était
l’inusable Richard Virenque vêtu de son maillot à
pois… Il fallait patienter, s’inquiéter avant
de se libérer au passage du jeune champion emmenant dans
sa roue son copain, Christophe Édaleine. La Drôme et
l’Ardèche, roue dans roue, on ne pouvait rêver
mieux… mais, la suite du programme étant difficile,
il fallait absolument que tous les deux rentrent dans les délais.
Ils l’ont fait et, pour l’image du cyclisme que ces
deux garçons donnent, tous leurs supporters peuvent être
fiers des performances qu’ils réalisent sur les routes
du Tour de France.
Jean-Paul
Degache
Le Réveil de Vivarais (23/07/2004)
Retour
|
|