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La maladie est derrière moi
Pierrick TAISNE
Sport365.fr (02/02/2008)
La saison française s’ouvre dimanche avec la traditionnelle
Marseillaise. A cette occasion, Sébastien Joly, le coureur de la
Française des Jeux, fait son retour après une longue maladie. Un cancer
qu’il veut oublier.
Sébastien Joly, vous allez faire votre rentrée au Grand Prix de
la Marseillaise, dimanche, après une longue maladie. Dans quel état
d’esprit êtes-vous ?
Je suis content. A aucun moment je
n’ai été impatient. Nous avons fait les choses progressivement.
Symboliquement, de pouvoir faire l’ouverture avec tout le monde en
France, c’est bien. Ça me permettra de revoir tout le monde, que ce
soit les potes de mon équipe mais également les coureurs des autres
formations. Si j’avais fait ma rentrée à Majorque, je n’aurais
peut-être pas eu l’occasion de les voir. En plus, c’est une course d’un
jour, à deux heures de chez moi. Toutes ces petites choses me font
plaisir.
Vous étiez-vous fixé une date limite pour la reprise ?
En
novembre, je m’imaginais reprendre fin février, début mars. Mais en
décembre, on s’est rendu compte que ça allait assez bien. Les deux
stages de janvier ont été deux bons tests. Ils m’ont fait prendre
conscience que physiquement, j’allais bien. Même par rapport aux autres
coureurs qui allaient bien. Il n’y avait pas de grosses différences
entre eux et moi. Avec Fred Grappe, l’entraîneur de l’équipe, nous nous
sommes dit qu’attendre pour attendre ne servait à rien. Je ne voulais
prendre le train en route et sans cesse repousser l’échéance. Je
reprends comme les autres, comme un coureur « normal ». C’est ce que je
veux.
On sait que Marc Madiot est proche de ses coureurs.
Comment s’est comportée la Française des Jeux
pendant votre maladie ?
Marc
a été très présent tout de suite. Même sans connaître la gravité de la
maladie, il m’a fait comprendre qu’il n’y aurait aucun problème pour
renouveler mon contrat. C’est une preuve de franchise. Autant lui que
toute l’équipe, tout le monde a été très présent pendant la maladie.
J’ai également eu des messages amicaux du peloton français et étranger.
« Je ne veux pas faire de ma maladie mon fonds de commerce »
On imagine que cela fait chaud au cœur…
Oui
car c’est sincère. Pendant le Tour, ils m’ont montré qu’ils avaient
envie de bien faire et qu’ils avaient une pensée pour moi. Quand on est
loin de tout ça et qu’on entend ces messages d’encouragement, ça fait
chaud au cœur.
On a également évoqué le soutien de Lance Armstrong…
Il
m’a envoyé un mail au début de la maladie. Etant passé par là, il me
lançait un message de soutien. Je lui ai répondu gentiment que je
venais de l’apprendre et que j’avais besoin de temps et des médecins
pour me soigner. A cet instant, son geste était sympa mais j’avais plus
besoin des médecins. Si un jour on a l’occasion de se voir, on pourra
peut-être parler de ce qu’on a vécu mais il faut minimiser les choses.
Lui est passé tout près de la mort. De mon côté, il n’y a jamais eu
pronostic vital. Je ne veux pas minimiser ma maladie mais je ne veux
pas en faire mon fonds de commerce. J’avais un bon niveau l’année
dernière, j’espère le retrouver et je veux qu’on parle de moi à travers
le sport. D’ailleurs, je n’avais pas à en parler aujourd’hui, c’est
quelque chose que j’ai mis dans un coin de ma tête. La maladie est
derrière moi. Ce n’est pas le coureur cycliste qui a été touché mais
l’homme.
Avez-vous établi des objectifs pour cette saison avec Marc Madiot ?
Au
moment où on a établi les programmes de course, il m’a dit qu’il me
laissait le temps de me remettre. Il ne m’a mis aucune pression. Sur la
présentation de l’équipe, il a tenu à me faire un petit clin d’œil en
me disant que le meilleur était à venir. Me mettre la pression serait
peut-être la moins bonne chose qui puisse m’arriver. Marc sait que je
suis professionnel et que je ferai les choses dans l’ordre pour revenir
à mon meilleur niveau. Il me fait entièrement confiance.
« Reprendre la compétition n’est qu’une étape »
Quel va être votre programme ?
Pour
le gros, il y aura beaucoup de similitudes avec les autres années. Je
devrais notamment faire une coupure en avril car je suis gêné par les
allergies. Mais pour le moment, je prends les courses les unes après
les autres. Je ferai un bilan fin février, début mars. J’attends de me
tester en compétition. Et puis reprendre la compétition n’est pas une
fin en soi. Je veux retrouver mon niveau. Pour le moment, ce n’est
qu’une étape, certes importante, mais une étape. Pour parler course, le
Critérium du Dauphiné libéré me tient à cœur. Pas seulement parce qu’il
s’agit de ma dernière course 2007 mais aussi parce que c’est une course
qui me convient bien et que je la cours à domicile.
Où en êtes-vous physiquement ?
J’ai
beaucoup perdu de poids au début de ma maladie après la radiothérapie.
A cet instant, je ne me suis pas pris la tête. Je n’ai pas pensé à mon
poids. Je me suis dit que mon corps avait subi un traumatisme. J’ai
mangé normalement, à ma faim. J’ai alors repris un poids intermédiaire.
J’ai laissé mon corps parler. Encore une fois, il ne peut pas y avoir
d’enseignement. Je dois attendre d’avoir repris la compétition. Mon
corps évolue encore.
Désormais, il ne manque que la compétition…
Même
si je suis dans le dur au début, je serai patient. Je ne poserai pas
trop de questions. Je veux pratiquer mon métier et ma passion. C’est
une des choses les plus importantes.
Pierrick TAISNE
Sport365.fr (02/02/2008)
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